Le Chambon sur Lignon, l'espace ouvert, l'esprit aussi.

 

Le Chambon-sur-Lignon
Haute-loire. Le midi de l'Auvergne

La Lumière des Justes :

Galerie de photos : (cliquer sur la photo l'agrandir)


Le Chambon sur Lignon : La lumière des Justes du Plateau entre au Panthéon

Une délégation du conseil municipal a participé à la cérémonie qui a eu lieu au Panthéon le 18 janvier pour honorer les Justes au niveau national

Jacques Chirac a présidé le 18 janvier dernier au Panthéon l’Hommage de la nation aux Justes de France. A cette occasion, l’Elysée avait envoyé une invitation aux Justes du Plateau et à tous les enfants de ces derniers. Ainsi, une invitation personnelle du chef de l’Etat était transmise à tous les conseillers municipaux. Huit d’entre eux parvenaient à s’associer à la cérémonie en mémoire des anciens de chaque village du Plateau. Au Panthéon, qui porte comme inscription au fronton «  Aux grands hommes la patrie reconnaissante », et qui est un haut lieu de l’incarnation Républicaine, plusieurs centaines de Justes sont venus des quatre coins de France, mais aussi des Juifs sauvés avec notamment des enfants cachés. Le décor est splendide, grandiose et émouvant pour tous ceux que la mémoire de 40-45 rassemble. Dans la nef du Panthéon rendue vivante pour quelques heures par cette cérémonie, Simone Veil salue tout d’abord le courage des 2725 Justes de France mais aussi tous les anonymes, et ils sont innombrables sur le Plateau Vivarais Lignon, «  grâce auxquels les ¾ des Juifs de notre pays ont échappé à la traque », en venant en aide à des gens qui n’étaient pour eux «  rien d’autre que des hommes, des femmes et des enfants en danger ».

Combat pour la tolérance

Pour sa part, le chef de l’Etat, dans un long discours, a rendu hommage «  aux personnes de toutes classes sociales, dans toutes les professions, de toutes les convictions. Quel courage, quelle grandeur d’âme il leur a fallu » a t il lancé avant de citer une phrase du Talmud «  Quiconque sauve une vie sauve l’humanité sauve l’univers tout entier ». «  Vous Justes de France, avez transmis à la Nation un message essentiel pour aujourd’hui et pour demain : le refus de l’indifférence, de l’aveuglement » a t il ajouté. Dans son intervention, Jacques Chirac a aussi souligné l’aspect contemporain du message des Justes, dont le combat «  pour la tolérance et la fraternité, contre l’antisémitisme, les discriminations, le racisme, tous les racismes, est un combat toujours recommencé ». Lors de la cérémonie, le Chœur de chambre Accentus a interprété la cantate «  Figure humaine » composée en 1945 par Francis Poulenc, sur des textes de Paul Eluard dont «  J’écris ton nom…liberté ». Enfin apparaît l’inscription dévoilée dans la crypte du Panthéon «  Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d’occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s’éteindre ». 

«  Les Justes » de la cinéaste Agnès Varda

Au delà des discours, l’hommage de la Nation s’est aussi concrétisé par une création artistique dans la nef, création qui a été confiée à Agnès Varda et qui incitait d’entrée au recueillement. Au cœur de l’édifice, plusieurs centaines de photographies posées à même le sol ou dressées comme des livres ouverts. Ce sont des portraits de Justes identifiés. Mais au milieu de ceux dont les noms sont écrits, on trouve des visages non identifiés qui représentent les Justes inconnus. Parmi les premiers figurent une trentaine de Justes Vellaves dont les Pradier, G. Baraut, Héritier, A. Bettex, P. Piton, A. Bohny et son épouse, A. Trocmé, H. Orsi…. Surplombant ce majestueux plateau circulaire, quatre écrans sont accrochés, qui diffusent un film. D’un coté, une version en noir et blanc, comme un film d’époque ( la gare du Chambon, les rafles…), de l’autre, la même version en couleurs. Le double film fait éprouver des « sensations fragmentées » : des images clés ( comme l’étoile jaune ou des tampons administratifs), des sons ( chiens, sifflets), des lieux ( fermes, caves, greniers) jusqu’à une fin poignante : l’arrestation des pourchassés et des sauveurs.

Dans les coulisses du Panthéon

La cérémonie s’est déroulée en présence du gouvernement de Dominique de Villepin et des anciens ministres Lionel Jospin et Laurent Fabius. Les grands corps étaient aussi représentés avec Mr Badinter, Conseil Constitutionnel, Michel Debré, Assemblée Nationale, Jacques Barrot, Europe; enfin, quelques grandes consciences tels Elie Wiesel, Serge Klarsfeld mais aussi les hauts représentants de toutes les confessions. Le discours du président évoquait notamment «  Il y a le pasteur Trocmé qui entraîna dans l’accueil des centaines de Juifs en fuite tout un village, toute la Haute Loire : le Chambon sur Lignon dont le nom résonne aujourd’hui toujours dans nos cœurs ». Au Panthéon, d’innombrables médias ont «  harcelé » les représentants du Plateau : de grandes radios telles RTL, RMC, France Infos, Europe 1 mais aussi les TV  comme LCI, France 2 avec projection en soirée de «  la colline aux mille enfants » et la presse écrite avec la Croix, Le Journal du Dimanche, les «  gratuits !! ». Au delà des salutations officielles, Mme et Mr Chirac, Simone Veil, le ministre de la culture, les présidents du Mémorial de la Shoah, celui de Yad Vashem, les élus Chambonais ont surtout profité d’un moment généreux et enthousiaste avec le Commissaire Européen Jacques Barrot

 

 

 



Le Chambon sur Lignon. Blason.

Copyright © Mairie Le Chambon sur Lignon